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AMERINDIENS

 
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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 20:07
Quand la Terre était jeune, aucun papillon ne volait ça et là dans les airs et n'illuminait les jours de printemps et d'été de leurs ailes portant les couleurs de l'arc-en-ciel. Il y avait des reptiles, qui furent les ancêtres des papillons, mais ils ne savaient pas voler ; ils ne savaient que ramper par terre.
 
Ces reptiles étaient magnifiques, mais le plus souvent les humains, lorsqu'ils se déplaçaient, ne baissaient pas les yeux vers la terre, aussi ne voyaient-ils pas leur beauté.

En ces temps-là, vivait une jeune femme qui s'appelait Fleur de Printemps et qui était une joie pour tous ceux qui la connaissaient. Elle avait toujours le sourire et un mot gentil à la bouche, et ses mains étaient semblables au printemps le plus frais pour ceux qui étaient atteints de fièvre ou de brûlures.
 
Elle posait ses mains sur eux et la fièvre aussitôt quittait leur corps. Quand elle atteignit l'âge adulte, son pouvoir devint encore plus fort et, grâce à la vision qu'elle avait reçue, elle devint capable de guérir les gens de la plupart des maladies qui existaient alors.

Dans sa vision, d'étranges et belles créatures volantes étaient venues à elle et lui avaient donné le pouvoir de l'arc-en-ciel qu'ils portaient avec eux. Chaque couleur de l'arc-en-ciel avait un pouvoir particulier de guérison que ces êtres volants lui révélèrent.
 
Ils lui dirent que pendant sa vie elle serait capable de guérir et qu'au moment de sa mort elle libérerait dans les airs des pouvoirs de guérison qui resteraient pour toujours avec les hommes. Dans sa vision, il lui fut donné un nom : Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel.

Tandis qu'elle avançait en âge, Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel continuait son travail de guérisseuse et dispensait sa gentillesse à tous ceux qu'elle rencontrait. Elle rencontra aussi un homme, un voyant, et elle le prit pour mari.
 
Ils eurent ensemble deux enfants et les élevèrent pour qu'ils soient forts, sains et heureux. Les deux enfants avaient aussi certains pouvoirs de leurs parents et eux-mêmes devinrent plus tard des guérisseurs et des voyants.

Tandis qu'elle vieillissait, le pouvoir de Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel grandit encore et tous ceux qui vivaient dans les environs de la région où elle habitait vinrent à elle avec leurs malades, lui demandant d'essayer de les guérir. Elle aidait ceux qu'elle pouvait aider.
 
Mais l'effort de laisser passer en elle tout le pouvoir finit par l'épuiser et un jour elle sut que le moment de remplir la seconde partie de sa vision approchait. Tout au long de sa vie, elle avait remarqué que des reptiles magnifiquement colorés venaient toujours près d'elle quand elle s'asseyait par terre. Ils venaient contre sa main et essayaient de se frotter contre elle. Parfois l'un deux rampait le long de son bras et se mettait près de son oreille. 

Un jour qu'elle se reposait, un de ces reptiles vint jusqu'à son oreille. Elle lui parla, lui demandant si elle pourrait faire quelque chose pour lui, car elle avait remarqué que lui et ses frères et soeurs lui avaient toujours rendu service. 
 
"Ma soeur, dit Celui qui rampait, mon peuple a toujours été là pendant que tu guérissais, t'assistant grâce aux couleurs de l'arc en ciel que nous portons sur le corps.
 
A présent que tu vas passer au monde de l'esprit, nous ne savons comment continuer à apporter aux hommes la guérison de ces couleurs.
 
Nous sommes liés à la terre et les gens regardent trop rarement par terre pour pouvoir nous voir. Il nous semble que si nous pouvions voler, les hommes nous remarqueraient et souriraient des belles couleurs qu'ils verraient.
 
Nous pourrions voler autour de ceux qui auraient besoin d'être guéris et laisserions les pouvoirs de nos couleurs leur donner la guérison qu'ils peuvent accepter. Peux-tu nous aider à voler ?"
 
Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel promit d'essayer. Elle parla de cette conversation à son mari et lui demanda si des messages pourraient lui venir dans ses rêves.

Le matin suivant il se réveilla, excité par le rêve qu'il avait fait. Quand il toucha doucement Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel pour le lui raconter, elle ne répondit pas. Il s'assit pour la regarder de plus près et il vit que sa femme était passée au monde des esprits pendant la nuit.

Pendant qu'il priait pour son âme et faisait des préparatifs pour son enterrement, le rêve qu'il avait eu lui revint en mémoire et cela le réconforta. Quand le moment fut venu de porter Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel à la tombe où elle serait enterrée, il regarda sur sa couche et, l'attendant, se trouvait le reptile qu'il pensait y trouver. Il le ramassa avec précaution et l'emporta.

Tandis que l'on mettait le corps de sa femme en terre et qu'on s'apprêtait à le recouvrir, il entendit le reptile qui disait :
 
"Mets-moi sur son épaule à présent. Quand la terre sera sur nous, mon corps aussi mourra, mais mon esprit se mêlera à l'esprit de celle qui fut ta femme, et ensemble nous sortirons de terre en volant. Alors nous retournerons vers ceux de mon peuple et leur apprendrons à voler de façon à ce que se poursuive le travail de ton épouse. Elle m'attend. Pose-moi à présent."

L'homme fit ce que le reptile lui avait dit et l'enterrement se poursuivit. Quand tous les autres furent partis, l'homme resta en arrière quelques instants. Il regarda la tombe, se souvenant de l'amour qu'il avait vécu. Soudain, de la tombe sortit en volant une créature qui avait sur ses ailes toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle vola vers lui et se posa sur son épaule.

"Ne sois pas triste, mon époux. A présent ma vision s'est totalement réalisée, et ceux que j'aiderai désormais à enseigner apporteront toujours aux autres la bonté de coeur, la guérison et le bonheur. Quand ton heure viendra de te transformer en esprit, je t'attendrai et te rejoindrai."

Quand l'homme changea de monde, quelques années plus tard, et fut enterré, ses enfants restèrent en arrière après que tous les autres s'en furent allés. Ils remarquèrent une de ces nouvelles créatures magnifiques qu'ils appelaient papillons, voletant près de la tombe.
 
En quelques minutes un autre papillon d'égale beauté sorti en volant de la tombe de leur père, rejoignit celui qui attendait et, ensemble, ils volèrent vers le Nord, le lieu du renouveau.

Depuis ce temps-là les papillons sont toujours avec les hommes, éclairant l'air et leur vie de leur beauté.

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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 15:00
Iduga, jeune chasseur de la tribu Sénecas, avait deux chiens, comme lui bons chasseurs. Aussi Induga les aimait-il et en était il fier. Les chiens, de leur coté, savaient apprécier l’adresse de leur maître et sa bonté pour eux.
 
Un jour d’hiver ils partirent tous les trois vers le nord, afin d’aller chasser. Après une longue marche, ils dressèrent leur campement dans une forêt. La chasse promettait d’être fructueuse : pendant trois jours, Iduga tua plus de gibier qu’il n’en avait jamais tué à lui seul dans aucune de ses expéditions.
 
Il se reposait le soir du troisième jour lorsque, tout d’un coup, ses chiens se mirent à aboyer et quittant le campement, coururent à perdre haleine dans la direction du lac. Induga les suivit une touche à la main.
 
Après s’être arrêté un instant au pied de l’arbre, l’un des chiens revint vers sont maître et lui dit :
 
« Frère, nous allons peut être mourir ce soir. Il y a la bas un animal étrange et tel que nous n’en avons jamais vu de semblable »
 
En effet, arrivé a peu de distance d’un grand sapin, Iduga vit, tout au sommet de l’arbre, éclairée par la lune, une forme qui lui sembla terrifiante.
 
L’homme distingua nettement une tête où brillaient d’énormes yeux phosphorescents un mufle hideux garni de longue dents aigues et il entendit un grognement lugubre.
 
« Laissons le, retournons au campement, nous verrons demain ce que nous pourront faire » Leur dit il.
 
Les chiens le suivirent, mais ils dirent :
 
« Frère, demain il era trop tard. Nous allons être attaqués cette nuit. Peut être ne pourrons nous pas nous défendre contre cet animal aux griffes énormes. Il vous faut chercher du renfort au village. Courrez y vite. Ne prenez avec vous ni torche, ni flèche, qui generaient votre course. Nous vous protégerons et pour cela, nous nous ferons tuer s’il le faut »
 
Et le Séneca, comprenant que ses chiens avaient raison, suivit leur conseil. Jetant au loin sa torche, il se à courir de toutes ses forces. Il courait depuis un bon moment, lorsqu’il fut rattrapé par l’un des chiens.
 
«  L’animal est sur votre piste, nous allons essayer de lui tenir tête jusqu'à ce que vous soyez en sûreté. Coures plus vite » dit-il.
 
Iduga essaya d’aller plus vite encore. Les rugissements se rapprochaient de lui. Bientôt, les furieux aboiements des chiens indiquèrent que la lutte avait commencé.
 
A un moment, il lui sembla que l’avait dû se libérer et se mettre à sa poursuite, car il l’entendait nettement de nouveau.
 
Les chiens rejoignirent sans doute le monstre, car leurs aboiements devinrent féroces, acharnés, désespérés même ; puis tout à coup, l’un des chiens se tut. Iduga comprit qu’il avaiot succombé et voulut essayer de sauver son compagnon en arrivant, avec ses amis,k à temps pour le défendre. Cette pensé lui donna l’energie nécessaire pour continuer de courrir et pour courir plus vite encore.
 
Enfin ; il vit le feux du village briller dans le lointain. Il appela a l’aide et tomba épuisé, incapable d’expliquer ce qui était arrivé.
 
Lorsqu’il revint à lui, ses amis se mirent à la recherche de la bête féroce afin de l’abattre. Il leur fut impossible de retrouver sa piste, mais les traces du combat étaient visibles et sur le sol, à l’endroit où ils avaient desperement lutté, gisaient les ossements des deux braves chiens, morts pour que leur maître eût la vie sauve.
 
C’est depuis ce temps là que les Sénecas honorent les chiens et les reconnaissent comme les meilleurs amis de l’hommes.

 
 

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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 22:19

Au moment de la création du monde, le Grand Esprit donna la parole à tous les animaux parcourant la forêt ou la plaine, ceux qui nageaient dans les cours d'eau, dans les lacs ou dans les océans, ceux qui volaient ou planaient dans les airs, tous parlaient la langue des hommes et c'est ainsi qu'ils purent instruire les indiens et les faire profités de leur expérience.

Le loup et l'ours leur enseignèrent à se diriger dans la plaine à travers la forêt ou la montagne, à suivre une piste.
 
L'ours leur apprit en outre ou les abeilles cachaient leur miel, et le castor leur montra comment il fallait s'y prendre pour construire une habitation et trouver les endroits où abondait le poisson.
 
Les singes, les ratons laveurs et les panthères leur apprirent à s'accrocher aux lianes, à grimper au sommet des arbres et à se cacher à la vue de tous, blottis au milieu des feuillages.
 
C'est grâce aux poissons que les hommes surent nager, flotter, remonter le cours des rivières.
 
Le cheval enseigna aux indiens à courir aussi vite que le vent, et le chien, patiemment, leur enseigna l'art de rester de longues heures immobile et aux aguets. S'il leur donna aussi des leçons de fidélité et de délicatesse, le renard, rusé et malin, fut loin d'agir de même, car lui se complut à leur démonter comment on pouvait abuser de la confiance, de la crédulité et même de la générosité des autres, prenant plaisir à se vanter de ne jamais se soucier de sentiments ou du bonheur de ceux qui l?entouraient.
 
Et le hommes, reconnaissant la sagesse des animaux et les services qu'ils leur rendaient, avaient accepté des les inviter aux conseils qu'ils tenaient, ou l?avis de chacun était respecté et discuté. Aucune de leurs réunions n?avait donc lieu sans que les animaux ne fussent prévenus.
 
Ceux-ci, en revanche, s'ils tenaient conseil, en prévenaient les hommes. Cela était devenu une coutume bien établie, un engagement réciproque et toujours observé, par lequel était reconnue légalité de tous les êtres vivants que le Grand Esprit avait placés sur terre.
 
Mais il vint un jour que les animaux n?avaient pas prévu, et ou l?homme, plus intelligent qu'eux, prouva sa supériorité. Mettant à profit les leçons de ses amis, il acquit tout à la fois le flair du loup et de l'ours, la sagesse et l?habilité du castor, l'agilité du raton laveur et du singe, la souplesse de la panthère, la vitesse du cheval, la fidélité et la patience du chien et aussi la ruse du renard.
 
Ce fut, pour le loup et l?ours, une surprise bien désagréable lorsqu'ils constatèrent que non seulement les hommes pouvaient suivre et retrouver la trace de ceux qu'ils cherchaient, mais aussi qu'ils arrivaient à brouiller leur propre piste, de telle façon que nul ne pouvait deviner par où ils étaient passés. Et l'ours s'aperçut aussi que, bien souvent, le hommes arrivaient à découvrir avant lui le miel quil aimait tant et qui, de ce fait, devenait de plus en plus rare.
 
Les ratons et les singes avaient beau grimper jusqu'au sommet des arbres, les petits indiens allaient maintenant aussi vite qu'eux. Ils les suivaient de branche en branche et les dépassaient en riant. Vexé le vieux raton laveur décida d'aller se cacher au plus profond de la forêt, loin de leurs rires, et le singe refusa de se mêler davantage à leurs jeux.
 
Le cheval n'était plus sur de gagner à la course. Il voyait les jeunes gens s'entrainer afin de rivaliser de vitesse avec lui, et bientôt ceux-ci devinrent si adroits qu?ils arrivaient même à lui monter sur le dos.
 
La panthère, elle aussi, se sentit bien souvent humiliée. Parfois, blottie au milieu de branches, elle se croyait isolée, loin de tous les regards, lorsqu'un appel connu la tirait de sa torpeur. Son oeil perçant avait beau chercher ou était celui qui la guettait, rien ne remuait, elle ne distinguait aucun être vivant ; mais, des qu'elle fermait les yeux, l?appel retentissait de nouveau et cela continuait ainsi jusqu?au moment où un jeune indien apparaissaient et se moquait d'elle, parce qu'elle n'avait pas su mieux se cacher.
 
Le renard lui-même fut bientôt incapable de jouer des tours à ses amis. Les hommes essaient devenus plus malins que lui. C'est en vain qu'il essayait de montrer son adresse et son intelligence. Il avait beau vouloir brouiller a piste, traversant des ruisseaux, contournant les collines, se fourrant dans les buissons, l'indien le retrouvait toujours et prenait plaisir à lui tirer la queue au moment où il s'y attendait le moins.
 
Ce n'était pas par méchanceté que les hommes se conduisaient ainsi. Ils voulaient ce distraire et s'amuser. Ils agissaient envers les animaux comme ils le faisaient entre eux ; mais les bêtes ne comprenaient pas et, peu à peu, elles se mirent à détester leurs amis d?autrefois.
 
Lorsque le loup s'aperçut un jour que les hommes regardaient sa fourrure avec envie, il prit peur et s'imagina qu'ils allaient peut être la lui prendre, pour s'en couvrir le corps, ou pour s'étendre plus confortable sur le sol.
 
Il parla longuement de sa crainte à l'ours, fort crédule de a nature. Tous deux se montèrent la tête et bientôt, l?imagination aidant, il ne fut plus question de crainte mais de certitude.
 
L'ours effrayé, écoutait les paroles du loup. Peu a peu, il se rappelait avoir souvent remarqué que les femmes aimaient à tâter l?épaisseur de sa toison.
 
Il ne douta pas instant que le loup n'eut raison et tous deux semèrent la panique parmi les autres animaux. Ce fût alors que, d?un commun accord, ceux-ci décidèrent de se réunir en conseil.
 
Au lieu que ce conseil se tint, comme à l'ordinaire et selon les régles établie, dans la plaine, au su et au vu de tous les êtres vivants, il fut convenu qu'il se tiendrait au plus profond de la forêt et à un moment de la nuit où les hommes endormis ne pourraient se rendre compte de ce qui se passait.
 
Le loup ouvrir la séance.
 
Exagérant les griefs, employant de grands mots, n'hésitant pas à déclarer comme certain ce qui n'était que supposition, il voulut prouver à tous que la race humaine était un danger pour eux et termina en déclarant :
 
« j'ai longuement réfléchi et je suis sur que seule l'extermination de tous les indiens peut rendre notre vie aussi agréable qu'elle l?était autrefois, quand les hommes ne savaient rien et ne pouvaient rien faire.
 
Groupons nous donc et entrons dans les villages avant la lever du soleil. Tuons les tous, homme et femmes, vieillards et enfants, et nous serons de nouveau libres et heureux à jamais. »
 
L'ours, moins cruel et plus noble, répondit :
 
« Nous avons, certes, tout à craindre, et nous ne pouvons nous résoudre à vivre dans les conditions actuelles, à cause des dangers qui nous menacent, mais nous ne pouvons attaquer ainsi à l'improviste.
 
Ce serait un massacre que le Grand Esprit ne nous pardonnerait pas. Déclarons donc la guerre aux indiens et que ce soit une lutte ouverte et loyale. D'ailleurs, en unissant nos forces, il nous sera facile d'avoir le dessus. »
 
Le castor pensa qu'il serait préférable d'attendre un peu :
 
« L'hiver est proche, dit-il. Laissons le venir et, lorsqu'il sera à son apogée, que les rivières seront glacées et que la bise soufflera en rafales, unissons-nous pour abattre les maisons des hommes et pour éparpiller et détruire leur provision de bois.
 
Ils resteront alors exposés au froid et au vent du Nord et, pour que nous les aidions à s'abriter et à se chauffer, ils accepteront les propositions que nous leur ferons en vue d'adopter de nouvelles manières de vivre avec nous et de nous traiter. »
 
En entendant ces mots, le renard partit d'un grand éclat de rire :
 
« Fous que vous êtes ! Déclara t-il. Ils promettront, mais je ne connais la valeur des promesse ; elles seront oubliées dès que reviendront les beaux jours et les hommes ne penseront plus alors qu'a se venger du mauvais tour que nous leur auront joué. »
 
La discussion continua ainsi longtemps. Selon leur tempérament ou leurs dispositions, les uns proposaient une chose, les autres une autre.
 
Le cheval et le chien écoutaient. Ils n'approuvaient rien. Ils ne comprenaient pas bien pourquoi on s'en prenait ainsi, tout à coup, aux êtres humains. Ceux-ci n'étaient ils pas le plus souvent de bons voisins ?
 
Sans doute se montraient ils parfois plus habiles que les animaux, mais cela était dû à leur intelligence. Il n'y avait chez eux ni méchanceté, ni intention de nuire, et en se montrant plus compréhensif, on pouvait facilement vivre en bonne compagnie avec eux.
 
« Mes ancêtres et les indiens ont toujours été amis, dit le chaval. Jamais l'ombre d'une mésentente n'a troublé leurs relations et il m'est pénible de penser que nous pourrions continuer à vivre comme par le passé.
 
Pourtant, si vous craigniez vraiment les hommes, pourquoi ne pas les éloigner de nous sans attenter à leur vie ?
 
Offrons nous d'être des nôtres, pour une longue expédition qui les entraînera loin d'ici, de l'autre coté des montagnes.
 
 L'aigle m'a dit qu'il y avait là-bas de grands lacs, de belles prairies et d'immenses forêts, où ils pourraient être heureux.
 
Ils ont braves, ils aiment l'aventure, ils accepteront sans doute. Une fois là bas nous leur demanderons d'y rester et ceux d?entre nous qui le voudront reviendront vivre en paix, sans crainte de voir leur miel volé par de plus adroit qu'eux, ou leur fourrure enviée par les femmes.
 
C'est tout ce que je puis suggérer, car je ne désire pas considérer les hommes comme des ennemis et je refuse de m'associer à vous pour leur nuire. »
 
« Vous parlez comme un sot, répondit la panthère. Vous voulez épargner les hommes et vous ne comprenez pas qu'ils sont à craindre, qu'ils nous conduiront graduellement à nôtre perte, en nous privent de tout ce qui nous est cher, y compris notre liberté et notre indépendance.
 
Votre  idée de les abandonner dans la prairie au delà des montagnes est stupide. A peine serons nous partis qu'ils e mettons en route pour revenir eux aussi dans leurs anciens villages afin de retrouver la forêt, le lac ou le cours d'eau qu'ils aiment parce qu'ils en connaissent chaque détour, chaque ive, chaque pierre.
 
Une fois de retour ils se vengeront et nous tuerons sans merci. »
 
Le raton laveur se leva alors pour prendre la parole. C'était un des plus anciens parmi les animaux. On le connaissait comme sage et les hommes même écoutaient volontiers ses conseils.
 
« Je ne suis pas de l'avis de la panthère, dit-il, car les indiens ne m'ont jamais fait grand tort. Je pense toutefois qu'ils deviennent plus versé que nous dans tout ce qui se rapporte au bois ou à la rivière.
 
Nul artifice ne leur échappe. Ils vont bientôt être trop habiles et trop puissants ; ce sera pour nous un danger de chaque jour et, à cause de cela, je suis de l'avis du castor. Pensons sérieusement à l?accord que nous pourrions avoir avec eux.
 
Lorsque tous les termes en auront été pesés, que nous aurons bien tiré nos plans, obligeons les, par la force s'il le faut, à accepter nos conditions et surtout, veillons à ce qu'ils tiennent leurs promesses. »
 
« Nous n'aboutirons à rien si nous nous y prenons ainsi, dit le renard. Usons plutôt de ruse. Laissons leur croire que nous sommes toujours leurs amis, mais détruisons leurs maïs qu'ils sèment, détachons de leurs amarres leurs bateaux et les filets qui iront se perdre dans les rapides.
 
Qu'ils soient affamés, et nous pourrons plus facilement leur faire admettre le pacte que proposent le castor et le raton. Croyez moi, cette idée est la meilleure. Pensez y bien et je suis sûr que vous l'adopterez. »
 
Le chien était resté pensif et silencieux.
 
« Jusqu'ici, dit-il, je ne m'étais jamais rendu compte que j'étais différent des hommes. Je regrette d'avoir eu la faiblesse d?accepter de me joindre à vous pour une séance de conseil où ils n'étaient pas invités.
 
Ceci est un contraire à l'ordre établi, convenu entre nous après que le Grand Esprit nous eut tous réunis dans ce pays. Je crains fort que nous n?ayons à nous en repentir. Il me semble que les indiens nous ont toujours traités avec bonté et avec justice.
 
Lorsqu'il fait froid l'hiver et que nous manquons de nourriture, ne nous ont-ils pas acceptés dans leurs maisons et n'ont-ils pas partagé leurs provisions avec nous ? Sans eux, certains d'entre nous n?auraient pu résister au vent du Nord ni aux rigueurs de la mauvaise saison.
 
Reconnaissez que jamais un indien n'a refusé d'aider un animal blessé ou malade. Il est certain que nous leur avons appris beaucoup ; jusqu'ici cela ne nous a guère vraiment porté préjudice. Nous envions leur intelligence, mais ce n?est pas une raison pour vouloir les exterminer.
 
Je ne peux pas et je ne veux pas être des vôtre, si vous persistez à vous liguer contre nos amis et je vous préviens que si vous décidez de leur faire du mal, je quitterai le conseil ; j'irai les prévenir du danger qui le menace, et en cas de besoin, je les aiderai à e défendre contre vous. »
 
Ces paroles déclenchèrent une certaine confusion dans l'assemblée. Le cheval pensait comme son ami et le disait hautement. La gent des oiseaux trop petit craignait de donner ouvertement son avis car l'aigle, jaloux de garder son prestige, leur lançait des regards à la fois dédaigneux et menaçants. Ils n'osaient hausser la voix, mais c'est tout le coeur qu'ils approuvaient le cheval, et c'étaient entre eux des chuchotements sans fin.
 
Les deux plus fâchés parmi les animaux étaient certes le loup et la panthère, qui traitèrent le chien de poltron et de traître.
 
« Vous êtes grisé par les louanges et les flatteries des jeunes filles et enfants, dit le loup. Les femmes vous demandent de veiller sur leurs papooses et vous le faites. Vous laisser les petits vous tirer sur la queue et les oreilles, sans rien dire.
 
Vous acceptez de garder la maison et de tenir compagnie aux vieillards. Vous aimez les hommes et vous n'osez rien leur refuser. Vos complaisances font de vous un être méprisable. 
 
Vous vous êtes vendu pour des gâteaux de maïs desséchés et rassis trop dur pour les dents de ceux qui se disent vos amis, et qu'ils vous donnent parce qu'ils ne peuvent les manger, ou parce qu'ils en ont trop, ajouta la panthère.
 
Vous ne pensez qu'aux caresses des femmes, vous les regardez avec des yeux brillants d?affection. Une flatterie vous fait perdre toute dignité et tout bon sens. »
 
Ces paroles, et plus encore le ton haineux avec lequel elles furent prononcées, soulevèrent un mouvement général. Chacun voulut dire son mot, approuvent ou désapprouvent selon le cas.
 
L'aigle avait toujours son regarde fixe et hautain, mais les petits oiseaux manifestaient par des battements d'ailes et des piaillement aigus ; l'ours grommelait, sans qu'on sût exactement ce qu'il voulait dire ; le castor et le raton laveur discutaient entre eux.
 
Le chien restait calme et digne au milieu de ce vacarme. C'est alors que le cheval se leva de nouveau. Il alla se planter devant le loup et la panthère, qui se trouvait côte à côte.
 
« Je prend fais et cause pour mon ami le chien, dit-il. Je vous défends de l'insulter et de le diffamer, comme vous venez de le faire. Le chien est mon frère. Je l'aime, parce qu'il est à la fois affectueux, noble et courageux et parce qu'on peut toujours avoir confiance en lui. Vous le loup et la panthère, vous vous vantez d'être braves, l'êtes vous réellement ?
 
Vous semblez croire que la bravoure consiste a attaquer lâchement et à tuer. La bravoure est bien autre chose. Est vous qui comme le chien, vous élanciez au milieu des flammes de la forêt, pour en sauver les animaux, les hommes en détresse ?
 
Est-ce vous, qui comme lui, au moment de la chute des neiges, quand les cours d'eau débordent de leur lit, vous jetteriez au milieu des flots en furie, pour ramener à terre un compagnon qui se noie, ou qui vous exposeriez au froid et à la faim, pour retrouver dans la montagne un animal blessé ayant besoin d?aide ou de secours ?
 
Je reste donc au côté de mon ami. Je l'accompagnerai chez les indiens et, avec lui, je les aiderai au besoin à se défendre contre vous. »
 
A peine avait il fini de parler que le Grand Eprit se trouva tout d'un coup debout au milieu d'eux. Nul ne l?avait vu venir, nul ne sait comment il vint. Calme et majestueux, il s'assit au centre du cercle qui se forma autour de lui et il dit :
 
« le bruit de votre discussion est venu jusqu'à moi. C?est avec tristesse que je vous ai écouté du haut du céleste terrain de chasse. J'ai pensé qu'il fallait que je descende parmi vous, afin de remettre les choses au point.
 
Je vois que désormais, les relations qui existaient autrefois entre les indiens et vous ne peuvent continuer et je le regrette. J'aurais aimé vous voir tous heureux et j'avais espéré que vous sauriez mieux vous comprendre et  vivre en paix, en attendant de venir ne rejoindre dans les terres de l'au-delà.
 
Puisque cela est impossible, je me trouve dans l'obligation de tout changer et, pour que tout change réellement, je vais vous donner à chaque un langage différent de celui des indiens. Désormais, vous ne pourrez plus parler avec eux et vous ne comprendre plus ce qu'ils diront. Je leur expliquerai la raison de ce changement et leur dirai ce qui s'est passé cette nuit.
 
Désormais aussi, toi panthère et toi loup, vous subirez le sort que vous vouliez voir subir aux hommes. Ce sont eux que vous chasseront et vous mettront à mort afin d'éviter vos attaque imprévue.
 
Toi raton laveur, et toi castor qui n'hésitiez pas à voir exposer vos amis au froid piquant de l'hiver, vous leur donnerez votre épaisse fourrure, afin qu?ils puissent s'en vêtir et protéger conte le froid leurs femmes et leurs enfants.
 
Toi renard, qui trouvais plaisir l?idée de les réduire au besoin, tu pourras essayer de leur jouer de mauvais tours, les hommes sauront te prendre au piège, se moquer de toi et de ta fourrure aussi sera d'un grand pris pour eux.
 
Désormais, seuls le chien et le cheval sauront les comprendre leurs amis ; mais parce qu'ils ont manqué à leur devoir en assistant à un conseil où ils savaient que les hommes ne seraient pas invités, ceux-ci ne les comprendront plus comme autrefois tout en restant unis à eux par les liens de l'amitié.
 
Vous pouvez donc, chien et cheval continuer à vivre comme par le passé auprès de familles indiennes. Vous serez présents à leurs fêtes, vous partagerez leurs joies et leurs peines, vous les aiderez dans leurs chasses. Les jeunes filles et les enfants n'auront pas peur de vous et ils continueront à vous aimer. »
 
Ayant dit cela, le Grand Esprit disparut on ne sait comment. La place qu'il occupait resta vide, et les animaux, consterné, se dispersèrent e silence. Lorsque peu à peu, ils se halèrent enfin à aller de nouveau roder près du village, ils ne comprenaient plus les hommes.
 
Les hommes ne les comprenaient plus et avaient appris à e méfier d'eux. C'est pourquoi, ils s'éloignèrent, pour vivre désormais loin des habitations, dans la forêt ou dans la plaine, se cachant le plus souvent parmi les buissons ou dans la brousse.
 
Seuls le cheval et le chien restèrent auprès des indiens et continuèrent à vivre avec eux, partagent leur bonne ou leur mauvaise fortune, toujours heureux de se sentir aimés et appréciés de leurs amis.

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 13:26
Au commencement, le monde était plongé dans les ténèbres. Il n'y avait ni Soleil ni Jour.
 
Dans la nuit éternelle il n'y avait ni Lune ni Etoiles. Il y avait cependant toute sorte de Bêtes et d'Oiseaux.
 
Parmi ces Bêtes, se trouvaient des monstres hideux, sans nom, aussi bien que des Dragons, des Lions des Montagnes*, des Tigres*, des Loups, des Renards, des Castors, des Lapins, des Ecureuils, des Rats, des Souris et toutes sortes de Bêtes rampantes comme les Lézards et les Serpents.
 
Dans ces conditions, l'Humanités ne pouvait se développer car les Bêtes et les Serpents détruisaient la progéniture des hommes. Toutes les Créatures possédaient le pouvoir de parler et étaient douées de raison. Il y avait deux tribus de Créatures : la tribu à Plumes et les Bêtes.
 
La première était organisée et possédait un chef : l'Aigle.
 
Ces tribus tenaient souvent des conseils et les Oiseaux voulaient y admettre la lumière. Mais les Bêtes s'y refusaient obstinément. Finalement, les Oiseaux firent la guerre aux Bêtes.
 
Les Bêtes étaient armées de bâtons, mais l'Aigle avait enseigné à sa tribu l'usage de l'arc et des flèches.
 
Les Serpents étaient si rusés qu'on ne put les tuer tous. L'un d'entre eux chercha refuge sur une falaise escarpée d'une Montagne de l'Arizona et l'on peut voir encore maintenant son oeil (changé en une Pierre brillante) briller dans les Rochers.
 
Les Ours quand on les tuait, se multipliaient en d'autres Ours, si bien que la tribu à Plume tuait d'Ours, plus il y en avait. Ils ne purent pas tuer le Dragon non plus car il était recouvert de quatre couches d'écailles cornées que les flèches ne pouvaient pas pénétrer.
 
L'un des monstre, le plus hideux et le plus ignoble, il n'avait pas de nom et il était invulnérable aux flèches. Alors l'Aigle s'envola très haut dans les airs, emportant sur la tête du monstre une Pierre ronde et blanche et la laissa tomber sur la tête de ce monstre, le tuant instantanément.
 
Cette Pierre avait joué un rôle si important qu'elle devint Sacrée.
 
Ils luttèrent pendant des jours mais, finalement les Oiseaux furent victorieux.
 
Quand la guerre fut terminée, bien qu'il resta encore quelques Bêtes malfaisantes, les Oiseaux furent en mesure de dominer les conseils et la lumière fut admise.
 
Alors l'humanité put vivre et se développer.
 
L'Aigle avait été le chef de ce juste combat : les Hommes portèrent donc ses plumes comme emblème de la Sagesse, de la Justice et du Pouvoir.
 
Parmi les quelques Humains qui étaient encore en vie, se trouvait une femme à qui avait été accordé le bonheur d'avoir de nombreux enfants mais ils avaient tous été dévorés par les Bêtes.
 
Si, par quelque moyen, elle arrivait à les soustraire aux autres Bêtes, le Dragon qui était le plus rusé et le plus malfaisant, venait lui-même et mangeait ses petits.
 
Plusieurs années après, un Fils de l'Orage lui naquis et elle creusa pour le cacher, un profond souterrain.
 
Elle boucha l'entrée du souterrain et au-dessus, elle fit un feu de camp. Cela marquait ainsi la cachette de l'enfant et le tenait au chaud. Chaque jour, elle éteignait le feu et descendait dans le souterrain pour nourrir l'enfant de son lait. Puis, elle s'en retournait et faisait le feu.
 
Fréquemment le Dragon venait la questionner mais elle disait : "Je n'ai plus d'enfants, tu les as tous mangé".
 
Lorsque l'enfant fut plus grand, il ne restait pas toujours dans le souterrain car il lui fallait quelques fois courir et jouer.
 
Un jour le Dragon vit la trace de ses pas sur le sol, cela rendit le vieux Dragon furieux et perplexe car il n'arrivait pas à trouver la cachette du jeune garçon. Il disait qu'il mangerait la mère si elle ne révélait pas la cachette de l'enfant.
 
La pauvre mère était très émue ! Elle ne pouvait pas abandonner son enfant mais elle connaissait le pouvoir et la ruse du Dragon et vivait dans une peur constante.
 
Peu après, le jeune garçon dit qu'il voulait aller chasser.  Sa mère ne voulait pas donner son accor. Elle lui parla du Dragon, des Loups, des Serpents, mais il dit : "Demain j'irai".
 
A la demande du jeune garçon son oncle qui était alors le seul Homme vivant lui fit un petit arc et des flèches et ils s'en allèrent tous les deux à la chasse, le lendemain.
 
Ils poursuivirent des Daims, très haut dans la montagne et finalement le jeune garçon tua un mâle.Son oncle lui montra comment préparer le Daim et cuirent deux cuisses, l'une pour le jeune garçon, l'autre pour son oncle. Lorsque la viande fut cuite, ils la placèrent sur des buissons pour qu'elle refroidisse.
 
C'est alors que l'énorme forme du Dragon se dessina. L'enfant n'éprouva pas la moindre peur mais son oncle était tellement terrifié qu'il ne pouvait plus parler ni bouger. Le Dragon prit la part de viande du jeune garçon et  s’éloigna.
 
 Il plaça la viande sur un autre buisson et s'assit à côté. Puis il dit : "Voila l'enfant que je cherchais. Garçon tu es beau et gras et quand j'aurais fini de manger cette venaison, je te mangerai".
 
Le jeune garçon répondit : "Non tu ne me mangeras pas et tu ne mangeras pas cette viande non plus".
 
Le Dragon dit : "J'aime ton courage mais tu n'es pas insensé, que crois-tu pouvoir faire ?".
 
"Et bien, répondit le jeune garçon, je peux faire ce qu'il faut pour me protéger, comme tu pourras en juger"
 
 Alors le Dragon reprit la viande et après que le jeune garçon la reprit à son tour, quatre fois en tout, le Dragon reprit pour la quatrième fois la viande et il dit ; " Dragon accepterais-tu de te battre avec moi ? ".
 
Le Dragon répondit : "Oui, à la manière dont il te plaira".
 
Le jeune garçon dit : " Je vais me placer à cent pas de toi et tu auras le droit de tirer quatre flèches sur moi mais si aucune de tes flèche ne m'atteint, nous changerons de place et j'aurais le droit de tirer quatre flèches sur toi ".
 
" Bien, dit le Dragon, commençons ".
 
Alors le Dragon prit son arc qui était fait d'un grand pin. Il prit quatre flèches dans son carquois, elles étaient faites de jeunes pins et chaque flèche mesurait sept mètres de long. Il visa bien mais, au moment où la flèche s'envolait, le jeune garçon émit un bruit particulier et bondit en l'air. Immédiatement la flèche éclata en mille morceaux et on put voir le jeune garçon sur un brillant arc-en-ciel, juste à l'endroit où le Dragon avait visé.
 
Bientôt l'arc-en-ciel disparut et le jeune garçon reprit sa place. Quatre fois se prodige se répéta puis le Garçon dit : "Dragon prends ma place. C'est à mon tour de tirer".
 
Le Dragon dit : "Très bien. Ce ne sont pas tes misérables flèches qui arriveront à percer ma première couche de corne et n'oubli pas que j'en ai trois autres en dessous, tire donc".
 
Le Garçon tire donc une première flèche qui atteignit le Dragon en plein coeur et une couche de grosses écailles de corne tomba à terre. A la seconde flèche, une autre couche tomba, puis une autre et le coeur du Dragon fut découvert.
 
Alors le Dragon trembla mais il ne pouvait pas bouger. Avant de tirer sa dernière flèche, le Jeune Garçon dit : "Oncle, tu es mort de peur, tu n'as pas bougé, vient où le dragon va s'abattre sur toi".
 
Son oncle courut vers lui. Il décrocha rapidement sa dernière flèche qui transperça le coeur du dragon. Avec un énorme rugissement, le corps du dragon dégringola la montagne et après avoir glissé le long de quatre précipices, s'arrêta dans un canyon.
 
Immédiatement, des nuages d'orage s'amoncelèrent au-dessus des Montagnes, des éclairs brillèrent, le tonnerre gronda et la pluie se mit à tomber.
 
Quand l'orage eut cesse, ils purent voir, très loin, dans le canyon en bas, les débris de l'énorme carcasse du dragon qui gisait parmi les Rochers, et les os du dragon y sont encore.
 
Le garçon s'appelait Apache. Yoseen* lui enseigna comment préparer les herbes qui guérissent, la chasse et la lutte.
 
Il fut le premier chef Indien et portait les plumes d'Aigle comme symbole de la Justice, de la Sagesse et du Pouvoir.
 
A lui et à son Peuple qui fut créé par la suite Yoseen donna comme territoire les Terre de l'Ouest et du Sud-Ouest.
 
L'aîné : enfant tueur de monstre, le cadet : enfant de l'eau, le plus brave et le plus courageux étaient les enfants garçons de Apache.
 
 

*Yoseen c'est le Grand Esprit
*Lions des Montagnes : c'est Pumas ou Couguars.
*Tigres : c’est Tigres à dents de sabre.
 

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 21:52
Trois Indiens vivaient dans une lointaine contrée. En ce lieu désolé, entre la Lune et le Soleil, il n'y avait rien, sinon de gros nuages.
 
Un soir les trois amis s'installèrent autour d'un feu afin de discuter d'un grave problème. Le plus grand des trois se nommait KA-NA-GA. Il déclara :
 
- Nous ne pouvons plus vivre en une telle contrée. Ici, il n'y a pas d'arbres, pas de rivières, pas de gibiers.
 
- Tu as raison, dit le plus petit des trois Indiens. Ce pays est réellement trop inhospitalier, le Soleil nous brûle la face pendant que la Lune nous gèle le dos.

- Et puis ajouta lE moyen, à marcher sur ces doux nuages, nos pieds se ramollissent. Bientôt, nous ne pourrons plus courir et nous ne vaudrons plus rien.

- Nous devons partir d'ici ! Décida KA-NA-GA. Suivez-moi, il doit bien y avoir un endroit plus agréable dans le vaste Monde.

Les trois compères furent vite d'accord. Le plus petit éteignit le feu avec des gouttes de rosée et le moyen dispersa les cendres à l'aide d'un cil de la Lune.
 
Mais au moment de partir le petit objecta :
 
- Tout cela est bien beau, comment allons nous voyager ?
 
Nous ne possédons ni chien, ni traîneau. Nous n'avons même pas de raquettes à nous mettre aux pieds pour nous déplacer sur la neige poudreuse de ces nuages.
 
Une Tortue passa.
 
- J'ai une idée ! Clama KA-NA-GA. Et il interpella la Tortue :
 
- Dis-moi grosse Tortue, toi qui ne cesses d'aller d'un bout à l'autre de l'Univers, sais-tu s'il existe une contrée moins désertique que celle-ci ?
 
La Tortue réfléchit toute une saison et dit :
 
- Il y a un millier de lunes, j'ai parcouru un Pays habité par des hommes. Il se trouve là-bas à l'Ouest. Cependant, je ne vous conseil pas d'y aller car c'est un endroit très dangereux.
 
- Crois-tu que nous ayons peur ? répliqua KA-NA-GA. Nous allons grimper sur ton dos et tu vas nous y mener.
 
La Tortue émit un si gros rire que le ciel trembla.
 
- Êtes-vous fous ? Cela est impossible ! C'est très loin, et je marche si lentement que vous seriez morts à moitié du chemin.
 
Et la Tortue s'éloigna de son pas tranquille.
 
Un Renard sortit d'entre deux lambeaux de brume.
 
- Ohé, Renard ! Appela KA-NA-GA. N'es-tu pas réputé pour courir très vite ?
 
- Si fait, répondit le Renard avec orgueil. Nul n'est plus rapide que moi à la course.
 
- Tant mieux. Nous allons utiliser tes compétences, dit KA-NA-GA. Tu vas nous conduire où vivent d'autres hommes. Et n'hésite pas à filer comme l'éclair, nous nous cramponnerons à ta fourrure.
 
Le Renard réfléchit à cette proposition le temps d'une saison. Puis il partit d'un rire si grinçant que deux nuages se fendirent et tombèrent en morceaux.
 
- Vous ne pourriez tenir dans cette position pendant tout le voyage. Ne savez-vous pas que je perds mes poils chaque automne ? Au moment de ma mue vous tomberiez dans le vide.
 
Et le Renard détala en se cachant derrière sa queue.
 
Un Aigle planait dans le ciel en chantant une berceuse. KA-NA-GA hurla dans sa direction :
 
- Ecoute-moi un instant frère Aigle. Viens un peu ici, nous avons à te parler.
 
Dans un énorme bruissement d'ailes, l'Aigle se posa devant les Indiens. Une si forte tempête s'éleva que les trois amis durent nouer leurs bras autour des pattes de l'Aigle pour ne pas s'envoler.
 
- Ne fais pas tant de vent, gentil Aigle, recommanda KA-NA-GA. Dis-nous plutôt si tu acceptes de nous transporter au Pays où habitent les hommes ?
 
L'Aigle tourna cette idée dans sa tête durant tout un hiver et l'été qui suivit. Puis, il déclara :
 
- A mon avis, vous êtes bien mieux ici. Toutefois, si vous désirez prendre le risque de pénétrer en ce Pays, je peux vous y mener. Agrippez-vous aux plumes de mon cou car mon vol est si puissant que vous pourriez glisser de mes ailes.
 
L'Aigle s'éleva dans les air set, plus rapidement qu'une flèche, fila vers l'Ouest. Un vent glacial sifflait aux oreilles des trois Braves.
 
Tout ce que l'Aigle survolait se changeait aussitôt en glace, car l'Aigle était en réalité le père de toutes les bourrasques.
 
 Le voyage dura plus de siècles qu'il n'y a de doigts sur deux mains. Lorsque la Lune et le Soleil ne furent plus que de petites boules, pas plus grosses que les yeux d'une Taupe, une grande étendue verdoyante apparut sous la poitrine de l'Aigle. C'était un endroit magnifique.
 
Il y avait des arbres, des rivières et du gibier en abondance. Il y avait aussi des hommes ! Mais au lieu de s'abriter du Soleil sous les arbres, de se baigner dans les rivières et de chasser pour manger, ils se disputaient, se battaient et s'entretuaient.
 
- Je vous l'avais bien dit ! Remarqua l'Aigle. Rien n'est plus risqué que de côtoyer ces hommes.
 
Les Braves furent dépités de voir un si bel endroit aussi peu apprécié par des êtres qui n'en avaient pas conscience. L'Aigle battit des ailes afin de freiner son élan et se posa sur le sommet d'une montagne. Instantanément, il neigea et le pic se couvrit de glace. L'Aigle dit en riant :
 
- Cette montagne aura maintenant ses neiges éternelles. Elle est d'ailleurs bien plus belle avec des cheveux blancs.
 
Les Indiens furent de cet avis.
 
KA-NA-GA repèra une Belette blottie au fond de son trou.
 
- Holà, soeur Belette ! Pourquoi te caches-tu ainsi ? Aurais-tu peur de nous ?
 
- C'est vrai, j'ai peur, admit la Belette. Les hommes sont si mauvais que je dois vivre continuellement au fond d'un terrier.
 
Les trois Braves caressèrent le petit animal pour lui montrer leurs bonnes intentions et l'apprivoiser.
 
 Lorsque la Belette fut totalement rassurée, KA-NA-GA l'interrogea :
 
- Toi, Belette, qui passe ton temps à observer les hommes de ton trou, dis-nous pourquoi ils sont aussi méchants ?
 
- Ce n'est pas de leur faute, répondit-elle. Jusqu'ici personne n'a jamais pris la peine de leur expliquer ce qu'est le bien et le mal. Ils ne possèdent aucune légende à laquelle se référer afin de vivre en communauté.

- Eh bien, je vais inventer des légendes pour ces hommes,
décréta KA-NA-GA. 

Il saisit un rayon de Soleil, en fit un Cercle et le suspendit à son cou à l'aide d'un lacet de cuir. Enfin il dit :
 
- Maintenant, tout ce qui aura la forme d'un Cercle sera Magique et Sacré. Il me suffira de toucher du doigt cette puissante médecine qui pend sur ma poitrine pour que je prenne n'importe quelle apparence et que je puisse me transporter en n'importe quel endroit. J'en aurai besoin, car il me faudra parcourir bien du chemin et changer de corps très souvent.
 
Puis il se tourna vers le petit :
 
- Toi, tu te peindras en noir, tu seras un mauvais génie. Chacun de vous deux exercera ses pouvoirs, car je crois qu'il faut laisser aux hommes la liberté de choisir entre le mal et le bien.
 
Cette faculté s'appellera " conscience "
 
Et KA-NA-GA toucha de son Cercle de lumière le bec de l'Aigle :
 
- Toi, l'Aigle, tu survoleras constamment cette Terre et enseigneras aux hommes de sages règles de conduite. Tu seras l'image vivante du Grand Esprit !
 
Chacun partit dans une différente direction.
 
Et c'est ainsi que KA-NA-GA parcourut le Monde en inventant des légendes dont les êtres humains avaient besoin.
Légende Iroquoise ( Seneca )

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6 août 2006 7 06 /08 /août /2006 19:38
Cela remonte au temps où la terre souffrit d’une si grande sécheresse qu’il n’y eut plus de brin de verdure dans la plaine.
 
Le soleil brûlant avait tari les ruisseaux et les rivières et l’on avait vu la lune s’arrondir puis décroître plusieurs fois sans qu’une goutte de pluie ne tombât sur le sol. Faute d’humidité, non seulement l’herbe et les plantes, mais les arbres même se desséchaient et mourraient. Seul une sorte de puits naturel, étroit mais plu profond que le lit de la rivière, contenait encore un peu d’eau.
 
Toutefois, il y en avait si peu que d’un commun accord, les animaux avaient sagement décidé de n’y aller qu’une fois par jour, et chacun à son tour, y puiser une ration, insuffisante certes, mais dont ils devaient se contenter, afin que chacun pût en avoir sa part.
 
Affames et incapables de se désaltérer vraiment, ils maigrissaient et semblaient se dessécher eux aussi. Poils et plumes avaient perdu le brillant lustre des jours d’abondance. Cela faisait pitié de les voir tous …. Sauf le lapin qui lui ne semblait pas comme les autres souffrir des privations
 
« Quel est ton secret, frère lapin ? » Lui demandait-on.
 
Au lieu de répondre, lapin souriait malicieusement, relevait avec arrogance et le plus qu’il pouvait sa petite queue blanche et agitait ses longues oreilles l’une après l’autre.
 
C’est là un exercice assez difficile et qui demande de l’entraînement si on veut le faire bien, aussi aimait-il à exhiber son talent, se croyant très fort parce que bien peu de ses amis pouvaient l’imiter.
 
Ils avaient faim et soif et se demandaient plutôt comment leur frère pouvait encore parader et avoir les yeux éveillés et le poil luisant. Peu à peu, ils en vinrent même a soupçonner lapin…
 
Serait-il possible que, manquant à l’engagement pris par tous, il allât au trou puiser une partie de la ration de autres ? Ils voulurent s’en assurer. Pour cela, ils modelèrent une sorte de loup en argile avec une sorte de colle dessus et le placèrent près du puits.
 
C’est lorsqu’il faisait bien sombre, après la tombée de la nuit, que lapin allait se désaltérer au trou et sans penser aux autres, buvait tout son aoul. Il s’y rendait en rampant sous la brousse, sans bruit, la queue bien collée au corps, pour éviter que sa blancheur brillât au clair de lune et les oreilles baissées afin que nul n’en aperçut les pointes.
 
Ne se doutant pas de ce qui l’attendait, il partit donc ce soir-là comme à l’ordinaire.
 
Il allait en rampant, doucement, doucement, s’arrêtant souvent à cause du craquement des broussailles, l’œil et l’oreille au aguets, effrayé au moindre bruit le cœur battant à grands coups quand, soudain, il crut distinguer une forme noire, penchée au bord du trou ou il allait boire. Il hésita un moment puis, s’enhardissant, il demanda :
 
« Qui est là ? » Pas de réponse.
 
Il fit quelques pas, plus doucement encore que précédemment et crut reconnaître un loup, un jeune loup qui, profitant de l’obscurité, venait, lui aussi s’abreuver aux dépens des autres.
 
Tout d’abord cela lui sembla étrange. Il ne savait que faire. Un moment il pensa partir, sans bruit, comme il était venu, mais il avait soif et puis il ne pourrait même pas raconter aux autres ce qu’il avait vu car alors on lui demanderait pourquoi il était dans ces parages. Mieux valait donc qu’il se désaltère lui aussi.
 
Il s’approchât davantage. Cette fois il ne prit aucune précaution, au contraire. Il remuait à plaisir les touffes d’herbes séchées qui craquaient en e brisant. Il s’attendait a ce que, l’entendant venir, la forme noir se retourne. Mais il n’en fut rien.
 
Il rassembla alors tout son courage et demande à haute voix :
 
« Que faites vous ici, frère loup ? »
 
Le loup ne répondit pas et pour cause ! Il restait immobile, penché au dessus du puits de l’entrée du trou.
 
Le lapin se dit que s’il ne cesse de boire il ne restera rien pour lui.
 
Alors, exaspéré par ce silence, furieux à l’idée qu’il ne pourrait se désaltérer à son tour, et se croyant d’ailleurs très brave, lapin haussa plus encore la voix :
 
« Ne m’entendez vous pas ? Je vous demande ce que vous faites ici ? »
 
A l’entendre, on eut crut un innocent scandalisé, demandant des explications à un coupable.
 
A ce moment là, la lune passant entre deux nuages éclaira un instant la scène et lui sembla le dos de son confrère était doucement secoué d’un rire moqueur. Cela le mit hors de lui. Il oublia un moment qu’il n’était qu’un lapin et qu’un loup pouvait ne faire de lui qu’une bouchée. Son ton devint menaçant :
 
« Partez dit-il, ou vous aurez affaire à moi ! »
 
Naturellement le loup ne bougea pas. Lapin s’approcha alors si près qu’il pu cette fois donner un coup de patte. La colle se colla à sa patte.
 
Furieux, croyant à un mauvais plaisant et d’ailleurs ne doutant plus de sa force, il cria d’une voix rageuse :
 
« Faites moi place où je vous renverse d’une ruade. »
 
Joignant le geste a la parole il se retourna, s’arc-bouta sur ses pattes de devant et lança un grand coup dans le dos du loup, mais alors il se sentit terriblement englué. Il essaya de se retourner, se débattit en vain. Plus il tachait de se décoller du loup, plus il sentait retenu par cette colle. Il s’en mettait partout.
 
Fou de dépit et de rage, il essaya de rouler sur l’herbe pour se dégager, mais il ne pu qu’entraîner avec lui ce qu’il avait cru être son adversaire et bientôt tous deux formèrent une véritable boule
 
Alors, incapable de se dégager, à bout de force et pouvant à peine respirer, il finit par perdre connaissance.
 
C’est dans cet état que les animaux le trouvèrent, quand les premiers d’entre eux vinrent à l’aube s’abreuver à leur tour.
 
Ils le dégagèrent, l’aidèrent à se nettoyer et ne lui dirent rien, mais lapin comprit ce que l’on devait penser de lui. Il en fut à tel point honteux, mortifié et repentant qu’il creusa un trou et s’y réfugia. Il espérait que s’il ne se montrait pas trop, on finirait peut être par oublier son manque de parole et sa sottise.
 
C’est à partir de ce moment-là que les lapins prirent l’habitude de vivre dans un terrier.

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28 juillet 2006 5 28 /07 /juillet /2006 19:04
C’était au commencement du monde. Les bons et les mauvais esprits se partageaient la terre ; nous devons croire que les bons esprits furent les plus forts puisque, malgré eux, la terre est restée et restera belle.
 
Un de ces bons esprits se reposait un jour dans une clairière. Il s étaient endormi près d’un feu qui commençaient à s’éteindre. Un mauvais esprit le guettait qui trop lâche pour s’attaquer ouvertement a celui qu’il détestait, crut le moment venu de lui jouer un mauvais tour.
 
Le génie malfaisant se mit donc à ranimer les flammes du foyer en y jetant des brassées de feuilles mortes, puis il poussa le dormeur si doucement et si régulièrement que celui-ci, sans rien sentir, finit par se trouver à peu de distance du feu.
 
Le mauvais esprit alimenta alors les flammes avec le bois sec qu’il avait préparé. Tout d’abord elles montèrent droites et belle vers le ciel. Il souffla de toutes ses forces : « Whou… Whou….. Whou….. ». De son souffle malfaisant, ou il mettait toute sa haine, il dirigeait le feu vers l’esprit du bien, dont les cheveux s’enflammèrent.
 
La douleur réveilla le dormeur qui affolé et hurlant, se releva bondissant et se mit a courir, ne sachant comment éteindre les flammes qui consumaient sa chevelure. Il ne pouvait courir loin.
 
Il savait qu’il risquerait d’incendier la forêt en la traversant pour aller se jeter à la rivière. Il fallait donc, tantôt bondissant et tournant sur lui-même, tantôt se roulant sur le sol nu, appelant désespérément : « au secours ! Au secours ! Au secours ! ».
 
Un de ses amis, le vent d’Ouest, l’entendit. Il arrive en courant. Il cueillit au passage le mauvais esprit qui s’enfuyait et l’écrasa contre un arbre, puis, voyant la chevelure en feu, le vent d’Ouest souffla de toutes ses forces sur la tête de son ami exténué.
 
« Whou… Whou….. Whou….. ». Comme il est bienfaisant le souffle du vent d’Ouest !
 
Cette fois, chacun de ces « Whou… Whou….. Whou….. » arrachait l’un après l’autre les cheveux enflammés qui tombaient sur le sol. Ils y prirent racine car le grand manitou ne veut pas que la souffrance des bons soit stérile.
 
Il veut qu’elle serve à quelque chose. De chaque racine sortit une plante dont les feuilles, une fois séchées, rappellent les cheveux brûlés du bon esprit. Les indiens l’appelèrent « petun » nous l’appelons « tabac ».
 
Ce qui prouve la véracité de cette légende, c’est que pendant de longs siècles, les indiens furent les seuls à connaître cette plante.
 
Il fallut la découverte de l’Amérique et l’exploration du Nouveau Monde par les Européens pour que le tabac fût importé en Europe, où son usage se propagea peu à peu.
 
L’abus qu’on en fait parfois est peut-être une vengeance des quelques mauvais esprits qui sont restés sur terre.  

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21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 23:44
Un chasseur était parti un jour à la recherche de gibier. Tout d'un coup, un gros ours noir sort d'un buisson.
 
Le chasseur n'avait que sa lance et son couteau pour se défendre.

« Awassos », dit le chasseur, « je ne suis pas venu ici pour te faire du mal, je te laisse en paix ».

Mais l'ours, Awassos, avait autre chose en tête et avance en direction du chasseur. Celui-ci, craignant pour sa vie, s'éloigne. L'ours savait qu'il était plus fort que le chasseur et se lance à sa poursuite.

Pour se protéger, le chasseur s'enfuie en courant, avec la pointe de sa lance orientée vers l'arrière.
 
Apercevant un bosquet très dense, il s'y enfonce en espérant que les branches ralentiront l'ours.

C'est alors que le chasseur se rend compte que sa lance s'est prise dans un lierre.
 
En tentant désespérément de dégager sa lance, le chasseur tire dessus de toutes ses forces.

Puis, soudain, alors que l'ours allait le rattraper, le chasseur échappe sa lance qui vole en direction de l'ours.
 
Le lierre avait servi à propulser la lance.

À la grande surprise du chasseur, la lance s'enfonce dans la poitrine de l'animal, lui infligeant une blessure mortelle.

« Iahi ! », s'exclame le chasseur.

« Wliwni, Kchi Niwaskw ! »

« Merci, Grand Esprit, de m'avoir sauvé la vie, de m'avoir fourni de la nourriture et des vêtements pour ma famille. »

C'est en remerciant le Grand Esprit que le chasseur se rend compte qu'il pouvait fabriquer une nouvelle arme.

« Enni ! », s'enthousiasme le chasseur.

Plutôt que de se servir d'un arbre, il pourrait dorénavant employer une branche d'arbre et à la place de lierre, il pourrait se servir d'une corde fabriquée avec de l'asclépiade.

Le chasseur remercia le Grand Esprit de lui avoir procuré ce nouvel outil de chasse.

Et c'est ainsi que l'arc et la flèche ont été créés !


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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 10:51
Un beau jour, toutes les couleurs du monde entier se mirent à se disputer. Chacune prétendait qu’elle était la plus belle, la plus importante, la plus utile, la préférée !
 
Elles se vantaient, à haute-voix, chacune étant bien convaincue d’être la meilleure. Le bruit de leur querelle s’enfla de plus en plus.
 
Soudain, un éclair d’une lumière aveuglante apparut dans le ciel, accompagné de roulements de tonnerre.La pluie commença à tomber à torrents sans discontinuer.
 
Effrayées, toutes les couleurs se tapirent et se rapprochèrent pour chercher un abri les unes près des autres.
 
La pluie prit la parole :
 
«Stupides créatures qui vous battez entre vous, chacune essayant de dominer l’autre, ne savez-vous pas que c’est le grand esprit qui vous a faites toutes, chacune dans un but particulier, uniques et différentes ?
 
Il aime chacune d’entre vous, il a besoin de vous toutes. Joignez vos mains et venez à moi. Il va vous étendre à travers le ciel en un magnifique arc-en-ciel, pour vous montrer qu’il vous aime toutes, que vous pouvez vivre ensemble en paix. Comme une promesse qu’il est avec vous, et comme un signe d’espérance pour demain…» .
 
Ainsi, chaque fois que le grand esprit  envoie une pluie pour laver le monde, il place l’arc-en-ciel dans son ciel, et quand nous l’apercevons nous devrions nous rappeler qu’il veut que nous sachions, nous aussi, nous apprécier les uns les autres et le louer de notre merveilleuse complémentarité.
 
 
 

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 22:44
Dans le bon vieux temps, Ours avait une queue dont il était très fier. Elle était longue, noire, brillante et Ours l'agitait juste pour que les gens la regardent.
 
Renard le remarqua. Renard, comme tout le monde sait, est un filou qui aime plus que tout berner les autres. Ainsi il décida de jouer un tour à Ours.
 
C'était la période de l'année pendant laquelle Hatho, l'Esprit du Gel, balayait le pays, recouvrant les lacs de glace et frappant les arbres avec son gros marteau.
 
Renard fit un trou dans la glace, tout près d'un endroit où Ours aimait marcher. Le temps qu'Ours arrive, des grosses truites et des perches grasses s’étaient rassemblées dans un grand cercle autour de Renard.
Juste au moment où Ours allait demander à Renard ce qu'il faisait, Renard remua sa queue qu'il avait mis dans le trou et sortit une énorme truite.
 
"Bonjour, mon frère" dit Renard. "Comment allez vous aujourd'hui ?"
 
"Bonjour", répondit Ours, regardant le grand cercle plein de gros poissons. "Je vais bien, mon frère. Mais que fais-tu ?"
 
"Je pêche", répondit Renard. "Veux-tu essayer ?"
 
"Oh, oui", dit Ours, alors qu'il commençait à se pencher sur le trou de Renard
 
Mais Renard l'arrêta. "Attend, mon frère", dit-il, "cet endroit ne sera pas idéal. Comme tu peux le voir, j'ai déjà attrapé tous les poissons. Faisons un nouveau trou où tu pourras attraper plein de grosses truites."
 
Ours accepta et il suivit Renard à un nouvel endroit, un endroit où, comme Renard le savait bien, le lac n'était pas assez profond pour attraper des poissons l'hiver; les poissons restant toujours dans les eaux profondes lorsque Hatho recouvrait leurs points d'eau.
 
Ours regarda Renard faire le trou dans la glace, savourant à l'avance le poisson qu'il allait attraper.
 
"Maintenant", dit Renard, "tu dois faire exactement ce que je te dis. Ne pense plus à aucun poisson. Ne pense même pas à une chanson ou les poissons t'entendront. Mets toi dos au trou et plonges y ta queue. Bientôt un poisson arrivera, agrippera ta queue et tu pourras alors le sortir de l'eau."
 
"Mais comment vais-je savoir si un poisson a agrippé ma queue puisque j'ai le dos tourné ?" demanda Ours.
 
"Je vais me cacher là-bas où les poissons ne peuvent pas me voir." dit Renard. "Dès qu'un poisson s'agrippera à ta queue, je crierais. Ensuite, tu tireras aussi fort que possible pour attraper ton poisson. Mais tu dois faire preuve de patience. Ne bouge pas jusqu'à ce que je te le dise."
 
Ours hocha la tête, "Je vais faire ce que tu dis". Il s'assit près du trou, mit sa magnifique longue queue noire dans l'eau glacée et tourna le dos.
 
Renard regarda pendant un moment pour s'assurer qu’Ours faisait bien ce qu'il lui avait dit et puis, très doucement, retourna furtivement chez lui et se coucha.
 
Le lendemain matin il se réveilla et pensa à Ours. "Je me demande s'il est toujours là-bas" se dit Renard. "Je vais aller voir."
 
Ainsi Renard retourna au lac gelé et que croyez-vous qu'il vit ?
 
Il vit comme une petite colline blanche au milieu de la glace. Il avait neigé pendant la nuit et Ours, qui s'était endormi en attendant que Renard lui dise de tirer se queue pour attraper un poisson, avait été entièrement recouvert. et Ours ronflait.
 
Il ronflait si fort que la glace tremblait. C'était si drôle que Renard éclata de rire.
 
Mais alors qu'il riait, il décida qu'il était temps de réveiller pauvre Ours. Il se glissa très près de l'oreille d'Ours, pris une profonde inspiration, et puis s'écria : "Maintenant, Ours!!!"
 
Ours se réveilla en sursaut et tira de toutes ses forces sur sa queue. Mais sa queue avait été prise dans la glace qui avait gelé pendant la nuit et alors qu'il la tirait, elle se cassa-"Crack"-juste comme çà.
 
Ours se retourna pour voir le poisson qu'il avait attrapé et à la place il vit sa jolie queue coincée dans la glace.
 
"Ohhh," grogna Ours, "ohhh, Renard. Je vais t'attraper pour çà." Mais Renard, bien que plié en deux de rire, était toujours plus rapide qu'Ours et il fit un bond et partit.

C'est pourquoi même aujourd'hui les ours ont de petites queues et ils n'aiment pas les renards. Et si il vous arrive d’entendre un ours grogner, c'est probablement pour sa queue, parce qu'il se rappelle du tour que Renard lui a joué il y a longtemps.

 

 

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